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RHR - Latest Issue (Revues)

Rationalisme et théologie dans le monde musulman médiéval

L’article est un bref bilan bibliographique des sources et des travaux concernant la théologie rationaliste dans le monde musulman au Moyen-Âge (grosso modo du 8e au 15e siècle de l’ère commune). Les principales Écoles de la théologie spéculative scolastique, surtout le Mu‘tazilisme et l’Ash‘arisme, ainsi que les plus importantes étapes des études islamologiques sur ces Écoles sont examinées. Une attention particulière est accordée à la constante circulation des idées non seulement entre divers courants de l’islam (par exemple les différentes branches du shi’isme), mais aussi avec ceux du judaïsme et du christianisme. La nécessité grandissante de l’examen transversal des systèmes théologiques rationalistes des trois monothéismes est également soulignée.

« Dieu est la vraie mesure de toute chose… »

Si Socrate, condamné pour asébie, semble avoir fait preuve d’une certaine distance face au culte grec traditionnel, la religion a profondément marqué l’œuvre de son élève Platon. Ironique à ses débuts, voulant ensuite réformer le culte pour l’adapter aux exigences de sa philosophie dans ses œuvres de maturité, il finira par se faire l’ardent défenseur d’un conservatisme presque réactionnaire, livrant bon nombre de témoignages sur ce que lui et les Grecs de son époque considéraient comme les éléments essentiels à l’accomplissement du culte religieux.

Les Sages du Talmud et l’Évangile selon Matthieu

Cet article propose une interprétation du terme « guilyonim » tel qu’il apparaît dans la littérature talmudique. À l’issue d’une étude philologique et historique, il est suggéré d’y lire le terme « Évangile » comme une translittération du grec à l’hébreu. Dans le Talmud de Babylone, en Sabbath 116a-b, un verset de l’Évangile selon Matthieu est cité avec des distorsions. En prenant en considération les attestations patristiques relatives à l’origine hébraïque de l’Évangile selon Matthieu, il est possible de supposer qu’un certain nombre de tannaïm, à par tir du début du IIe siècle, connaissaient des fragments de cet évangile dans ses versions hébraïques (ou araméennes). Si cette hypothèse est retenue, il devient possible de comprendre la vive polémique de R. Gamaliel à l’encontre de certains versets de l’Évangile selon Matthieu et contre les judéo-chrétiens en général.

Une guerre sans épithète : les troubles des Cévennes au prisme catholique

En 1702 l’insurrection camisarde inaugure en Languedoc un temps de troubles religieux. La révolte mute en un conflit polymorphe. On examine ici la déclinaison des duels qui mirent aux prises instances politiques, clergé et populations, et l’entrée d’une société en guerre. L’approche souligne la multiplicité des violences – physiques, idéelles, langagières –, et des modalités d’affrontements confessionnels. À partir d’archives inédites, la thèse postule une reconsidération globale des troubles en incluant un troisième acteur proprement civil et en valorisant l’étude d’une guerre en son système. De ce défi protes tant, unique dans l’histoire révocationnaire, elle interroge aussi l’état du catholicisme méridional arrivé au terme de son par jure.

Gallicanisme et Réforme : le constitutionnalisme de Cosme Guymier (1486)

En précisant les raisons pour lesquelles la France n’a pas suivi la Réforme, on néglige bien souvent les rapports entre l’ecclésiologie et la pensée politique. On voit toujours en Seyssel le représentant du « constitutionnalisme médiéval » et l’on ne rend jamais compte des liens entre le conciliarisme et la politique de l’Université et du Parlement de Paris. Cet article réévalue ce sujet au moyen du commentaire de la Pragmatique Sanction/par Cosme Guymier (1486), décrétiste et parlementaire qui unit la pensée conciliariste à la politique gallicane. Son œuvre est la première d’un mouvement qui allie la monarchie absolue et le Parlement contre les hérétiques, et qui suggère l’inutilité constitutionnelle de la Réforme pour la France.

La Gallia Christiana (1656) des frères de Sainte-Marthe : une entreprise gallicane ?

La première édition de la Gallia Christiana parue en quatre volumes en 1656, est due aux jumeaux Scévole (ou Gaucher) et Louis de Sainte-Marthe. La conception de cette œuvre, les méthodes de réalisation et le contenu de cette publication amènent à s'interroger sur la place qu'elle a pu occuper dans le paysage gallican de l'époque. Le sourcilleux patronage institutionnel et financier de l'assemblée du clergé de France ne constituait pas en soi un certificat de gallicanisme. En dépit d'une polémique vite éteinte à propos de notices jugées excessivement favorables à Saint-Cyran et à Jansénius, ce travail savant, aussi impeccable que possible pour l'époque, accompagnait le mouvement de conscience unitaire de l'Église de France considérée comme la « pars nobilissima » de la Chrétienté.

Louis Ellies Du Pin (1657-1719), historien de Byzance

Louis Ellies Du Pin (1657-1719) est l'un des rares auteurs français de la fin du xviie siècle à proposer une vision relativement impartiale de l'histoire byzantine : il relate de manière nuancée les principaux affrontements qui ont opposé l'Eglise byzantine et la papauté entre le vif et le xve siècle. Il semble que son absence de préjugés et son intérêt pour l'orthodoxie médiévale puisse en partie être mis sur le compte de sa sensibilité gallicane.

Tours contre Rome au début du règne d'Henri IV

Pendant l'hiver 1589-90, à l'arrivée de la Légation Caetani en France et ensuite à Paris, se déchaîna une guerre d'arrêts entre les parlements ligueurs et royaux. Plus qu'une simple polémique locale entre Catholiques Unis et Politiques, cette guerre d'arrêts marqua le début d'une politique et d'un projet de séparation de l'Église de France de l'Église catholique et romaine.

Papauté, histoire et mémoire gallicane au xvie siècle

Nonobstant une hostilité marquée envers la papauté, plus ou moins visible selon la conjoncture, les gallicans érudits de la fin du xvie siècle se sentaient contraints de concéder une place non négligeable au pape dans le catholicisme français. Cette contrainte provenait de la place qu’ils allouaient à la continuité historique comme outil de compréhension et de légitimation d'une monarchie intimement liée avec la papauté depuis ses origines, et qui (pensaient-ils) ne pouvait plus être pensée sans elle. Mais ce modèle provenait aussi du mode de formation de leur propre identité, qui privilégiait la continuité, visible au niveau de la piété développée envers l'Église, le roi et les dynasties familiales.

L'usage gallican (1552-1771) de l'Afrique chrétienne tardo-antique : les modalités de l'unité ecclésiale

D'emblée, les textes gallicans s'ancrent dans les profondeurs de l'histoire, une histoire qui les conduit jusqu 'aux premiers temps chrétiens où ils puisent une théologie de la tradition qui détermine en aval un droit fidèle à ce moment inaugural. L'Église d'Afrique entre dans ce dispositif d'écriture et constitue un modèle latin et primitif alternatif à la papauté. L'autonomie locale, l'unité episcopate et la procédure d'appel retiennent particulièrement l'attention des gallicans et leur permettent d'élaborer une lecture ecclésiologique qui révoque en doute la primauté juridique du siège romain. L'Église d'Afrique est ainsi un modèle pour penser l'articulation entre épiscopats locaux et unité ecclésiale universelle.

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